Biographie du Mamiya RZ 67 PRO II

Boîtier Mamiya RZ

Le premier modèle appelé RZ 67 PRO sans indice est apparu en 1982. Le RZ 67 PRO II est né en 1995. Le dernier modèle le RZ PRO IID est apparu en 2004 peu de temps avant que Mamiya entre dans le giron de Leaf. Il  est capable d'utiliser des dos numériques. Les RZ ont succédé aux MamyA RB 67 créé dans les annés 70 dont le dernier modèle était le PRO SD.
Les boîtiers RB étaient entièrement mécaniques alor que les RZ fonctionnent avec beaucoup d'électronique.
Il nécessite donc l'emploi d'une pile 6V.
Sa conception modulaire est néanmoins identique a celle des RB. Moyennat un positionnement particulier de la bague des vitesses le RZ peut utiliser les objectifs du RB, l'inverse étant impossible.
Les différences entre le PRO et le PRO II sont minimes :Parmi les nouveautés, notons: nouveaux circuits électroniques, plus costauds et moins énergivores, indications plus complètes dans le viseur (armement, présence ou non du volet de dos, branchement d'un flash externe, vitesses, type de mesure, ...), molette de mise au point avec réglage fin très précis, vitesses d'obturation intermédiaires.

POURQUOI CE SITE CONSACRE AU MAMIYA RZ

Boîtier Mamiya RZ

Ce site est destiné aux amateurs souhaitant aborder le moyen format avec un MAMIYA RZ 67 PRO II
Il n'apprendra rien aux professionnels. Il donne les informations de base essentielles pour une utilisation amateur.
On trouvera à la rubrique liens ou aller pour trouver les données les plus pointues.

Maintenant que quelques professionnels lucides vendent leurs appareils à un prix décent (enfin quelques uns )nous pouvons nous aussi pauvres amateurs essayer d'utiliser ces merveilleuses machines que sont les appareils au format 6x7 de chez Mamiya.
Il est évident qu'on n'achète pas cet appareil comme on achète un boîtier 24x36. Cet achat doit s'inscrire dans un projet qui nécessite ce type de boîtier. Personnellement mon projet de départ était de partir sur les traces de Charles Jones (le Royaume des plantes )avec une chambre 4x5. J'ai acheté une Linhof color avec tout ce qu'il faut pour travailler mais je ne me suis pas senti à l'aise avec ce matériel. J'ai bien réussi quelques plans-films (quelle galère pour charger un film dans un chassis !!)mais j'ai vite abandonné conscient de mes limites. J'ai décidé de changer de matériel et j'ai revendu la Linhof. J'ai donc cherché autre chose.

Pourquoi avoir choisi le Mamiya RZ 67 PRO II?
J'ai essayé un certain nombre de moyens formats argentiques avant d'arriver à ce choix :
Le Rolleiflex, belle machine pour des résultats parfaits mais sans objectif ni dos interchangeables et cher aussi bien à l'achat qu'en coût d'entretien.
Le Mamiya super 23 : un télémétrique de qualité mais inadapté à la macrophotographie.
La chambre 4"x5" de type Graflex avec un dos 6x9 : d'une mise en oeuvre trop lourde pour moi et mon savoir-faire d'amateur.
Un jour ayant vu une annonce à un prix alléchant j'ai tenté le coup pour un Mamiya RZ PRO II en me disant que si je suis déçu je le revendrai comme j'ai fait des autres.
Et surprise, j'ai tout de suite bien aimé cet appareil pour des raisons toutes simples :
Le grand viseur très lumineux avec un verre de visée facile à changer et nettoyer. C'est une visée à laquelle m'avait habitué mon Semflex dans ma lointaine jeunesse.
Le format 6x7 horizontal ou vertical par rotation du dos.
La possibilité de faire de la macrophotographie au rapport 1:1
Un catalogue complet d'objectifs performants à des prix corrects pour les plus courants.
Des magasins de plusieurs types faciles à charger et commandés par le boîtier.
Et d'autres qualités que nous verrons en détail rubrique par rubrique.
Le PRO II moyennant un adaptateur peut supporter un dos numérique mais le coût de l'ensemble m'a dissuadé jusqu'à présent de m'équiper de cet accessoire. J'ai par ailleurs un boîtier 24x36 numérique qui me va très bien pour l'usage que j'en fais.
Je possède cet appareil depuis 2 ans et je ne regrette pas mon choix.
Bien entendu j'aurais pu essayer un Blad ou un Bronica ou encore un Arax. Ce n'est pas par mépris des qualités de ces appareils que mon choix s'est porté sur un RZ. C'est tout d'abord un problème de budget : Un Blad avec un jeu d'objectifs est au-dessus de mes moyens. C'est aussi la réputation de solidité du RZ et de ses prédécesseurs et la qualité des objectifs qui m'ont séduit. La possibilité de faire de la macro au rapport 1:1 avec les 2 bagues disponibles et les prix proposés avec une offre abondante.
Bien entendu tout n'est pas parfait : le risque d'acheter un appareil usé n'est pas mince (quoique ) et le poids de l'appareil impose une pratique particulière. Pour vérifier les dires sur ce problème de poids j'ai fait quelques photos avec la sangle de cou bien réglée et la poignée : je n'ai pas ressenti de fatigue particulière. L'utilisation d'une valise et d'un chariot pliant à roulette permet d'emporter facilement un équipement complet avec moins de fatigue qu'avec un sac à dos.
Mais comme mon utilisation principale est en studio (bien grand mot pour parler de mon petit coin de bureau aménagé ) le poids n'est pas un problème pour moi.
Sur ce petit site vous trouverez les manuels téléchargeables gratuitement que j'ai pu trouver sur le net ou que j'ai scanné à partir de notices en ma possession.
Compte-tenu de la présence de ces manuels je ne m'étendrai pas sur le fonctionnement du système : Je vous ferais simplement part de quelques astuces ou commodités que j'ai pu mettre en oeuvre.

avis sur Galerie Photo

CHOIX D'UN MOYEN FORMAT : CE QUE CELA IMPLIQUE

Boîtier Mamiya RZ

A l'attention des amateurs n'ayant jamais tenu un appareil moyen format avec viseur de poitrine il faut dire que l'image vue dans le viseur est inversée droite-gauche. C'est un peu troublant les premières fois. Cela fait partie du charme des moyens formats.
Travailler avec un appareil moyen format implique un choix de pellicules plus restreint qu'en 24x36 : c'est le format 120 avec 10 vues en format 6x7 (taille réelle de l'image 56x69,5mm )ou le format 220 qui permet 20 vues. En format 120 le film est protégé sur toute la longueur du film par une feuille de papier opaque alors qu'en format 220 le papier protecteur n'est présent qu'en début et fin de film.
On trouvera chez Jean-Claude Boussat un excellent article sur le chargement d'un film 120 site de Jean-Claude Boussat

Travailler en format 120 avec 10 vues par rouleau peut sembler une contrainte alors que c'est plutôt l'inverse car en moyen format on ne mitraille pas, on fait de la photo posée et un rouleau de 10 vues donne plus de souplesse et on n'attend pas des semaines avant de développer le film.
Le film 120 se développe dans les mêmes cuves que le film 135 : il suffit de régler la spire à la bonne largeur.
Par contre il faut un agrandisseur différent qui sera plus lourd et plus cher qu'un agrandisseur au format 24x36.
On n'est pas encore dans les contraintes du grand format mais on passe dans un budget supérieur à celui du 24x36.
Le classement des négatifs est une petite contrainte supplémentaire car les feuilles de classeur sont un peu plus chères que les feuilles pour 24x36.
Pour les amateurs qui viennent du numérique et qui pratiqueront surtout la photo en studio je conseillerais de systématiquement (du moins au début) de doubler leurs photos : d'abord en numérique pour vérifier les cadrages et éclairages et une fois les bonnes données enregistrées, passer au moyen format. Les professionnels utilisaient systématiquement le polaroïd pour cet usage. En extérieur, paysage ou autre on peut se passer de l'essai en numérique en prenant le temps de réfléchir aux choix à faire.
Autre contrainte : le pied photo et la rotule. Il faut un ensemble solide et une rotule qui de tourne pas quand on lui colle sur le dos un boîtier, le winder, le viseur AE FE 401, les bagues allonge et le 140mm macro, le toute orienté à 45° vers le bas. Contrepoids obligatoire.

Dernier point : pourquoi photographier en moyen format ?
Objectivement pour avoir des négatifs plus grand, plus lisibles et permettant de grands agrandissements.
Pour certaines techniques, comme la trichromie il n'est pas possible de travailler en 24x36.
Un tirage par contact, sans agrandisseur permet de juger rapidement de la photo comme la planche contact en 24x36.
C'est aussi un choix subjectif : un peu comme de choisir une Mercédes 600 au lieu d'une Fiat Punto. Vous voyez ce que je veux dire.

QUALITES DU MAMIYA RZ 67 PRO II

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  • La qualité première du système est celle des objectifs dont le piqué, le rendu des couleurs sont unanimement appréciés. Certains utilisateurs n'aiment pas le 50mm original. Cela doit être vrai car Mamiya l'a remplacé par le 50mm ULD qui fait référence dans cette focale. Les professionnels dont j'ai pu lire les avis sont partagés entre les qualités des objectifs Mamiya et celle des objectifs Hasselblad. Pour nous, amateurs est-ce un critère important ?
  • Solidité du système. Je n'insiste pas, c'est un appareil indestructible. Certains diront que c'était vrai du RB tout mécanique et que l'électronique introduite dans le RZ a fait chuter la fiabilité. Ils le disent mais je n'ai encore rien trouvé sur les forums qui confirment cette opinion. Je n'imagine pas Mamya chipoter sur la qualité des composants utilisés.
  • Simplicité d'utilisation. On arme d'un seul mouvement l'objectif et l'avancement du film. L'installation d'un film ne pose aucun problème particulier.
  • Dos interchangeables permettant de pallier au nombre réduit de vues sur un film (10) ou de changer de pellicule.
  • Visée claire et précise : c'est pour moi la qualité essentielle dans un appareil photo.
  • Réglage de la mise au point très précise
  • Réglage du diaphragme par demi-valeurs

DEFAUTS DU MAMIYA RZ 67 PRO II

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Bien évidemment ces défauts permettent aux détracteurs de se rengorger.

  • Le poids et l'encombrement bien entendu. Si vous voulez faire du street vue en moyen format prenez donc un Mamiya 6 ou un Mamiya 7 (on n'est pas là pour parler des concurrents). Le RZ comme le RB est un appareil à utiliser sur pied ou à main levée avec certaines précautions comme indiqué en page d'introduction. Je répète qu'avec une courroie de cou bien réglée et la poignée déclencheur on peut faire de la photo de paysage sans treépied dans un confort très acceptable et sans bougé.
  • Pas de cellule dans la version avec viseur de poitrine. Ben ouais, on est entre photographes compétents et on travaille avec une cellule à main en lumière incidente.
  • Le format 6x7 est un format bâtard : J'avoue que j'aime bien le format 6x9 en paysage mais essayez de faire un boîtier permettant de passer du format horizontal au format vertical en 6x9 par une simple rotation du dos. Les contraintes techniques sont trop importantes. En 6x7 c'est faisable. Je dirais que c'est un 6x6 avec un petit plus. Ca vous va comme ça ?
  • Le relevage du miroir est bruyant et source de vibrations aux vitesses lentes. Là j'ai tout entendu : c'est vrai pour certains et pas vrai pour d'autres. Si vous avez un doute utilisez la technique du déclenchement décalé avec un déclencheur souple.
  • Il parait, mais je soupçonne un brin de mauvaise foi, que la qualité de fabrication est inférieure à celle des Hasselblad. Certains vont même jusqu'à dire que c'est de la mécanique agricole comparée à celle d'une Ferrari. Ben voyons...
  • Plus sérieusement la taille des objectifs me fait un peu peur quand je dois en changer. Il faut de grandes mains et bien tenir le boîtier.

Un avis de professionnel sur le RZ

Galerie Photo Auteur: pierre Date: 04-07-2003 22:38
Bonjour,

j'utilise un RZ depuis 6 ans aussi bien en intérieur qu'en exterieur, pour des prise de vues qui ne demande pas d'être rapide, et voici donc quelques impressions (dont certaines pourront paraître bizarres ...):


- Le RZ est lourd et encombrant, et encore je n'utilise qu'un objectif, mais deux dos. Au total, il est un peu plus lourd que ma petite 4x5 Linhof Kardan, avec 5 châssis et deux objectifs.
- Le RZ est peu pratique (pour la mise au point à main levée, pas de cellule ...) , à moins peut-être, d'investir dans une poignée, un viseur prisme à cellule, mais...
- le RZ est cher, et le moindre accessoire aussi.
- le RZ n'a ni bascules, ni descentrements.

Pourtant, même si cela est paradoxal, certains défauts sont devenus, en pratique des choses que j'apprecie, même en exterieur:
_ La difficulté de mise en oeuvre, m'oblige à la reflexion avant de faire une image; mais une fois sur pied, il est plus rapide que ma p'tite 4x5 et trés précis : mise au point précise, testeur de profondeur de champs, bonne érgonomie, pose T, mode relevage du miroir .
- Une fois sorti, je peux "essayer" plus de choses (cadrages, bracketing....) grâce au roll film, moins cher, plus pratique à faire developper. Je peux aussi changer de dos.
- La visée sur le dépoli est particulièrement claire et précise, surtout pour des photos de nuit.
- Il est cher mais résistant, je l'ai traîné jusqu'au Japon, sur les bords de mer, dans dans les marécages jusqu'à la taille, jusqu'ici pas de problême.
- Ses optique sont lourdes, mais d'excellente qualité à mon goût : rendu piqué, froid, contrasté. Avec le format 6x7 du négatif pour lequel elles sont vraiment faites, je sais que j'aurais une qualite satisfaisante, même pour un tirage de 120x150 cm.

C'est ce mélange un peu paradoxal de contrainte qui oblige à la rigeur (et qui m'ont finalement poussé à me mettre au grand format), et de relative flexibilité qui me font apprecier cet appareil. En plus, c'est un magnifique objet.

Les gros defauts:
- pas de bascule ni descentrement , c'est redhibitoire pour certaines prises de vue.
- Le mode relevage du miroir doit être utilsé pour les temps de pose à partir du 1/4 de seconde, parceque lorsqu'un RZ déclenche ... ça ressemble à un un peu à un bazooka.

J'en profite pour poser une question à Monsieur Bigler, ou à qui pourra me répondre:
la taille, ou plus exactement le volume de la "boite noire" d'un appareil a-t-il un influence sur le rendu des éspaces ?
En ce sens y a-t-il une différence de rendu ou de qualité, à taille égale de négatif entre un RZ et un Mamyia 7, que certains pourront trouver plus pratique ?

Merci pour ce forum

Cordialement

Pierre

moi photographe